Un commercial vous appelle, vous promet des demandes de devis dans votre secteur, et le premier mois semble facile : le téléphone sonne. Trois mois plus tard, beaucoup d'artisans ont du mal à dire si l'abonnement a rapporté ou coûté. Ce n'est pas un problème d'honnêteté de la plateforme. C'est un problème de calcul que personne ne fait au départ.
Voici ce calcul, et les questions à poser avant de signer.
Ce que vend réellement une plateforme de mise en relation
Travaux.com, Habitatpresto et les sites du même type reçoivent des demandes de particuliers, les qualifient plus ou moins, puis les transmettent à des artisans. Selon la formule, vous payez au contact, par pack ou par abonnement.
Le point à garder en tête : une même demande est souvent transmise à plusieurs entreprises. Le particulier a rempli un formulaire pour comparer. Vous n'achetez donc pas un chantier, ni même un rendez-vous : vous achetez le droit d'entrer dans une mise en concurrence.
Ce n'est pas forcément une mauvaise affaire. Mais ça change la question. La bonne question n'est pas « combien coûte un contact », c'est « combien me coûte un chantier signé ».
Le calcul en quatre lignes
Prenez un exemple fictif, à remplacer par vos propres chiffres :
- Coût d'un contact : disons 25 €.
- Taux de joignabilité : sur dix contacts, combien répondent vraiment au téléphone ? Mettons six.
- Taux de devis envoyés : sur ces six, combien aboutissent à une visite ou à un devis sérieux ? Mettons trois.
- Taux de signature : sur trois devis, combien signent face aux autres artisans ? Mettons un.
Dix contacts à 25 € pour un chantier signé : 250 € d'acquisition, sans compter le temps passé en appels, déplacements et devis. Pour un chantier de 8 000 €, c'est raisonnable. Pour un dépannage à 300 €, c'est intenable.
Faites ce calcul sur trois mois réels, pas sur le discours commercial. Notez chaque contact dans un tableau, avec son issue. Sans ce suivi, impossible de savoir si la plateforme est rentable.
Ce qui fait varier le résultat
La vitesse de rappel. Quand plusieurs artisans reçoivent la même demande, le premier qui rappelle prend un avantage net. Un contact rappelé le lendemain soir vaut beaucoup moins qu'un contact rappelé dans l'heure.
Le type de chantier. Les demandes de petits travaux attirent des particuliers qui comparent surtout le prix. Les gros chantiers laissent plus de place à la confiance, aux photos, aux avis.
Votre fiche Google. Le particulier qui reçoit trois appels va presque toujours chercher les trois noms sur Google. Celui qui a une fiche propre, des avis récents et des photos de chantier part devant. Sur ce point, voir comment obtenir des avis de vos clients.
Les questions à poser avant de signer
- Combien d'entreprises reçoivent la même demande, au maximum ?
- Puis-je contester un contact injoignable ou hors zone, et dans quel délai ?
- L'engagement est-il mensuel, ou sur douze mois ?
- La zone et les types de travaux sont-ils réglables finement, commune par commune ?
- Que se passe-t-il si je mets mon compte en pause pendant une période chargée ?
Demandez les réponses par écrit. Les litiges avec ces plateformes portent presque toujours sur l'engagement et sur les contacts contestés.
Louer de la demande ou construire la sienne
Une plateforme loue un flux de demandes. Le jour où vous arrêtez de payer, il s'arrête. C'est utile pour remplir un planning au démarrage, ou pour tester une nouvelle zone.
Une fiche Google bien tenue et un site qui se positionne sur votre métier et vos communes produisent des demandes qui ne sont partagées avec personne : le particulier vous a choisi, vous. Ça prend plus de temps à construire, mais le coût par chantier baisse avec les mois au lieu de rester fixe. Les deux approches peuvent cohabiter, à condition de mesurer chacune.
Pour comparer avec d'autres solutions payantes, voir aussi notre avis sur Solocal et la résiliation Pages Jaunes.
Quelle que soit la source, une demande qui reçoit un devis puis plus rien est souvent perdue : Lienzor relance vos devis automatiquement.
