Quatre chemins mènent au site d'une petite entreprise, et chacun a un vrai cas d'usage. Le problème est qu'on vous vend rarement le bon. Voici le comparatif que j'aurais aimé que mes clients lisent avant de me raconter leurs déconvenues.
Wix, Squarespace & co : le bon outil du mauvais moment
Faire soi-même coûte 15 à 30 €/mois et beaucoup d'heures. Pour valider une idée, un menu de restaurant, une page « qui suis-je », c'est parfait. Le plafond arrive quand il faut être trouvé : structurer des pages par service et par ville, relier proprement la fiche Google, produire du contenu régulier. Bref, le travail qui fait qu'on vous voit, et que personne ne fait à votre place sur ces plateformes.
Sur 4 ans : ~1 200 € et un site que vous possédez… sur une plateforme que vous ne quitterez qu'en reconstruisant tout.
Solocal, Simplébo : la location qui ressemble à un achat
Le modèle est habile : peu ou pas de frais d'entrée, un abonnement raisonnable en apparence (100 à 200 €/mois). Le détail qui change tout : le site ne vous appartient pas. Vous arrêtez de payer, il disparaît, avec son historique Google. Sur 4 ans : 5 000 à 9 600 € pour un actif qui reste la propriété du prestataire. C'est le choix le plus cher du comparatif, déguisé en plus accessible.
Question à poser avant de signer : « si je résilie, qu'est-ce que j'emporte ? ». La réponse honnête est presque toujours : rien.
L'agence traditionnelle : la Rolls, pour ceux qui en ont l'usage
3 000 à 15 000 € en création, puis maintenance. Pour un e-commerce riche, une plateforme métier, des besoins complexes : justifié. Pour le site vitrine d'une TPE, vous financez surtout des réunions. Le signal d'alerte classique : un devis épais sur le design, une ligne vague sur « le référencement ».
L'indépendant ou la petite structure spécialisée : tout dépend de la preuve
500 à 1 500 € de création, 100 à 250 €/mois si la visibilité est suivie. C'est la zone où se trouvent les meilleures affaires… et les pires, car tout dépend d'une seule chose : la preuve. Un prestataire sérieux vous montre des positions Google réelles, datées, vérifiables, pas un portfolio de jolies pages.
C'est notre catégorie : Digitori en fait partie, et nous sommes une option parmi d'autres dans cette famille, pas la recommandation de ce comparatif. Pour que vous puissiez comparer, nos tarifs sont publics : 990 € le site (qui vous appartient à 100 %), 150 €/mois pour le SEO local, la fiche Google et le contenu hebdomadaire. Nos preuves sont publiques, et nous publions même nos études de marché ville par ville, de Niort à Albi, pour que vous puissiez vérifier l'état de votre propre marché avant de nous parler.
La grille de décision en 30 secondes
Budget quasi nul et du temps → plateforme DIY, en connaissance du plafond. Besoins complexes et budget solide → agence, en exigeant le plan de visibilité chiffré. Artisans, commerces, services, professions libérales → plateforme, indépendant ou agence selon votre temps et vos besoins, avec dans tous les cas un prestataire qui prouve ses résultats et vous laisse propriétaire. Et fuyez la location, sauf si posséder votre outil de travail ne vous semble pas important.
Le test final, valable pour tous : demandez « montrez-moi trois clients et leurs positions Google actuelles ». Le silence qui suit cette question vaut tous les comparatifs.
Avant de choisir : l'audit gratuit de votre visibilité vous donne vos chiffres et ceux de vos concurrents. Vous négocierez mieux, avec nous ou avec un autre.
Wix en détail : ce que vaut vraiment l'abonnement
Puisque c'est la solution que la plupart des professionnels envisagent en premier, elle mérite qu'on s'y arrête.
Ce que Wix fait bien, et il faut le dire. L'éditeur est réellement accessible sans compétence technique. L'hébergement, le certificat de sécurité et les sauvegardes sont inclus et vous n'y penserez jamais. Les modèles récents sont corrects sur mobile. Pour mettre en ligne une vitrine propre en un week-end, c'est difficile à battre.
Ce qui coince pour une entreprise locale. Trois choses, dans l'ordre d'importance.
D'abord, le site ne vous appartient pas techniquement. Vous louez une place sur une plateforme. Le jour où vous voulez partir, vous n'emportez ni le site ni sa structure : vous repartez des textes et des photos. Ce n'est pas un piège, c'est le modèle, mais il faut le savoir avant et non après.
Ensuite, la personnalisation a un plafond. Tant que le besoin reste une vitrine, tout va bien. Dès qu'il faut trente pages de communes, un formulaire relié à un outil de suivi, ou une structure de contenu pensée pour la recherche locale, l'outil devient un frein.
Enfin, la gratuité n'existe pas vraiment. Le plan gratuit affiche de la publicité et une adresse en sous-domaine, ce qui disqualifie le site pour un usage professionnel. Le budget réel commence aux abonnements payants, auxquels s'ajoutent le nom de domaine et, souvent, des applications payantes pour des fonctions que l'on croyait incluses.
Le calcul sur quatre ans. C'est le seul chiffre qui compte. Prenez votre abonnement mensuel, multipliez par 48, ajoutez le nom de domaine et les applications, puis ajoutez ce que vous n'avez pas envie de faire vous-même : la rédaction des pages, les photos, le suivi. Vous obtenez le coût complet, à comparer à celui d'un site acheté une fois.
Une précaution qui ne coûte rien. Achetez votre nom de domaine séparément, chez un bureau d'enregistrement, à votre nom. Vous le pointez ensuite vers la plateforme de votre choix. Ainsi, quel que soit le prestataire que vous quitterez un jour, l'adresse reste la vôtre, et avec elle tout le référencement accumulé dessus. C'est la précaution la plus rentable de tout cet article, et elle prend dix minutes.
Les trois questions qui démasquent un mauvais contrat
Quelle que soit la solution retenue, posez ces trois questions avant de signer. Une réponse floue est une réponse.
Qui est titulaire du nom de domaine ? Pas « qui l'a acheté », mais qui figure comme titulaire. Vous pouvez le vérifier vous-même en interrogeant l'annuaire public des noms de domaine.
Que se passe-t-il si j'arrête ? Le site reste-t-il en ligne, les contenus sont-ils récupérables, et sous quelle forme ?
À quel nom sont les comptes de mesure ? Les outils de suivi des visites et des recherches doivent être sur un compte qui vous appartient. Sans eux, vous repartez sans historique et vous ne pouvez rien prouver.
Comment décider en pratique
Le bon choix dépend moins du prestataire que de votre situation. Trois cas de figure couvrent la plupart des entreprises locales.
Vous démarrez, le budget est serré, le besoin est une vitrine. Une plateforme convient, à condition d'acheter le nom de domaine à votre nom et de consacrer le temps gagné à votre fiche Google, qui vous apportera davantage d'appels que le site la première année.
Vous avez une activité établie et vous voulez être trouvé sur plusieurs communes. La plateforme montre ses limites. Il faut une structure de contenu pensée pour la recherche locale, ce qui suppose un prestataire qui travaille le fond et pas seulement la mise en page.
Vous payez déjà un abonnement depuis plusieurs années. Faites le calcul du cumul avant de renouveler, et vérifiez les trois questions ci-dessus. C'est souvent à ce moment qu'on découvre qu'on a payé quatre ans un site qu'on n'emportera pas.
Et dans tous les cas, avant d'arbitrer entre deux devis de site : regardez d'abord votre fiche Google. Pour une entreprise locale, c'est presque toujours elle qui décide du téléphone qui sonne. Le guide complet est ici, et l'arbitrage entre les deux est traité dans fiche Google ou site web : par lequel commencer.
Les deux formules en abonnement citées ici ont chacune leur analyse : Solocal, Pages Jaunes et Simplébo.
Notre propre façon de construire un site d'artisan, résultats relevés compris, est décrite sur la page création de site internet pour artisan.
